Tchad : une information faisant état de la saisie de 42 milliards FCFA chez un responsable des Douanes circule

Saisie de 42 milliards FCFA au Tchad : que sait-on réellement ?
Quarante-deux milliards de francs CFA.
La saisie de 42 milliards FCFA au Tchad : c’est l’information spectaculaire qui circule actuellement et qui, si elle venait à être confirmée, soulèverait de nombreuses questions.
Il faut peut-être relire le chiffre.
42 000 000 000 FCFA.
Une information actuellement en circulation affirme que cette somme aurait été découverte et saisie lors d’une perquisition au domicile d’un haut responsable des Douanes tchadiennes. À ce stade, Le Jeune Tchadien n’est pas en mesure de confirmer indépendamment cette information ni le montant annoncé. Il convient donc de la traiter avec toute la prudence nécessaire.
Si la saisie de 42 milliards FCFA au Tchad venait à être officiellement confirmée, l’affaire poserait de sérieuses questions sur la gestion et le contrôle des ressources publiques.
Elle deviendrait le symbole brutal d’un paradoxe tchadien.
Parce que 42 milliards de FCFA, dans un pays où tant de familles connaissent quotidiennement les difficultés économiques, ce n’est pas seulement un chiffre. C’est un montant qui donne le vertige.
Pendant que certaines familles calculent le prix du sac de riz avant de calculer celui du loyer, on nous parle de milliards.
Pendant que des élèves étudient dans des conditions difficiles, on nous parle de milliards.
Pendant que des malades et leurs proches doivent parfois se battre pour financer des soins, des médicaments ou une évacuation, on nous parle de milliards.
Pendant que l’électricité demeure une préoccupation majeure pour de nombreux ménages et entreprises, on nous parle encore de milliards.
Et pas deux milliards.
Pas cinq.
Pas dix.
Quarante-deux.
À ce niveau-là, même la calculatrice demande probablement une pause.

Si c’est vrai, ce n’est plus drôle
La satire s’arrête précisément ici.
Car si une enquête officielle devait établir qu’une telle somme se trouvait effectivement dans les circonstances rapportées, il faudrait nécessairement déterminer son origine, son propriétaire réel, sa destination et les conditions dans lesquelles elle aurait été conservée.
Une saisie n’est pas, à elle seule, une condamnation. Et une information circulant sur les réseaux sociaux n’est pas un jugement.
Mais 42 milliards supposément découverts dans une affaire impliquant un responsable public constitueraient suffisamment de raisons pour que l’opinion exige des réponses claires.
Car dans un pays confronté à d’immenses besoins sociaux, chaque milliard évoqué prend une autre dimension.
Combien de salles de classe ?
Combien de centres de santé ?
Combien d’équipements hospitaliers ?
Combien de projets d’accès à l’eau ?
Combien d’investissements dans l’électricité ?
Combien d’emplois pour les jeunes ?
Voilà pourquoi ce chiffre, s’il est confirmé, serait politiquement et moralement explosif.
Le véritable scandale serait l’habitude
Le danger, dans ce genre d’affaire, serait que les Tchadiens finissent par accueillir les annonces de milliards comme on accueille la météo :
« Ah, encore des milliards ? Bon… demain il fera chaud. »
Non.
Un pays ne peut pas considérer comme banal l’écart entre des fortunes ou sommes gigantesques évoquées dans certaines affaires et les difficultés quotidiennes d’une partie de sa population.
Le développement ne se mesure pas seulement aux discours, aux inaugurations et aux grandes annonces.
Il se mesure aussi à une chose beaucoup plus simple :
l’argent public arrive-t-il réellement jusqu’au citoyen ?
À l’école.
À l’hôpital.
Dans l’électricité.
Dans l’eau.
Dans les routes.
Dans l’emploi.
42 milliards : la justice doit maintenant parler, si les faits sont confirmés
Pour l’instant, la prudence reste indispensable.
Le Jeune Tchadien ne présente donc ni la saisie alléguée, ni son montant, ni une éventuelle responsabilité individuelle comme des faits judiciairement établis.
Mais si les autorités compétentes confirment cette information, l’opinion publique sera en droit d’attendre davantage qu’un communiqué de quelques lignes.
Elle voudra savoir d’où venait l’argent.
À qui il appartenait.
Pourquoi il se trouvait là.
Et surtout, quelle suite judiciaire sera donnée à l’affaire.
Parce que dans un pays où certains citoyens comptent leurs pièces avant d’acheter le pain, 42 milliards de FCFA ne peuvent pas simplement devenir un chiffre de plus qui traverse les réseaux sociaux pendant quarante-huit heures avant de disparaître.
Si cette affaire est vraie, il faudra des réponses.
Si elle est fausse, il faudra également le dire clairement.
Mais si elle est vraie et que 42 milliards peuvent effectivement dormir quelque part pendant qu’une partie du pays cherche encore la lumière, les médicaments, l’école et l’emploi…
alors le problème du Tchad n’est peut-être pas seulement le manque d’argent.
La vraie question serait : où va l’argent ?
